Réforme du chômage : jeunes, intérimaires, cadres… Qui sont les grands perdants ?

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Réforme du chômage : jeunes, intérimaires, cadres... Qui sont les grands perdants ?-© Getty images

Entre jeunes, intérimaires et cadres… Qui sont les principaux perdants de la réforme du chômage ? On vous fait le point sur la question.

Cette nouvelle réforme voulue par le Premier Ministre Gabriel Attal.

Gabriel Attal a annoncé, le 27 mars 2024, une nouvelle réforme de l’assurance-chômage avec comme objectif affiché : pallier au déficit public en hausse. Pour cela, le chef de l’exécutif prévoit de « réduire de plusieurs mois la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi ».

« Mon objectif, ce n’est pas de m’en prendre à tel individu ou aux chômeurs, c’est de faire bouger un système pour inciter davantage à la reprise d’emploi« , se justifiait le Premier Ministre. Il s’agit de la troisième réforme survenue en six ans, après celles de 2019 et 2023.

Vers un retour d’emploi de « 100 000 à 150 000 demandeurs d’emploi »

Comme rapporté par Francetvinfo.fr, « ces réformes ont globalement augmenté la durée de cotisation et réduit les indemnités ». En 2023, est-il rappelé, l’Etat a « ajouté la possibilité de moduler ces paramètres » selon le taux de chômage.

Les nouvelles règles d’indemnisation entrées en vigueur en février dernier devraient favoriser le retour à l’emploi de « 100 000 à 150 000 demandeurs d’emploi », expliquait en 2023, l’ancien ministre du Travail Olivier Dussopt.

Le montant tout comme les conditions d’accès à l’indemnisation n’ont pas été modifiés. Depuis la réforme de 2023, la durée d’indemnisation est modulée selon le contexte économique.

Un taux de chômage sous les 9% déclenche une réduction de 25% de la durée d’indemnisation, avec un minimum de six mois. Cette mesure, active depuis la réforme, s’explique par la bonne santé du marché du travail français, dont le taux de chômage n’a jamais atteint 9% depuis sa mise en place.

« En revanche, si le taux de chômage dépasse les 9%, les anciennes règles d’indemnités sont à nouveau appliquées.« , peut-on lire sur le site de Franceinfo.

« On préfère taper sur les chômeurs plutôt que supprimer des niches fiscales inefficaces. »

La réduction du temps d’indemnisation pourrait passer à 14 mois ou moins (contre 18 mois actuellement). Une chose est sûre, elle ne passera pas «sous les 12 mois».

Il entend par ailleurs « durcir les conditions à remplir » pour toucher une indemnisation chômage. « Il faut avoir travaillé 6 mois lors des deux dernières années » pour y prétendre contre 4 auparavant. Dernière piste, souligne Le Figaro, « accentuer la dégressivité ou baisser le niveau d’indemnisation ».

« Plus nous aurons de Français qui travaillent, plus nous aurons de possibilités d’équilibrer nos finances », assurait Gabriel Attal, en citant la réforme de l’assurance chômage.

Ce durcissement des règles est mal accueilli par les syndicats. Sans compter que l’idée fait également polémique chez les économistes. « On préfère taper sur les chômeurs plutôt que supprimer des niches fiscales inefficaces. […] Or sur les chômeurs, c’est inefficace, inégalitaire et ça ne rapporte pas énormément. Vous êtes très vite à l’os », regrette Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’OFCE.

« On ne réglera pas le problème du chômage en dégradant les conditions de vie des plus précaires« , réagit sur X Olivier Guivarch, secrétaire général de la CFDT.

« Sur 5 millions de demandeurs d’emplois, seuls 2,8 millions sont indemnisés dont la moitié travaille ! Le nombre d’offres non pourvues est de 330 000. Il faut cesser cette stigmatisation. », appelle-t-il.

Réforme du chômage : jeunes, intérimaires, cadres… Qui sont les grands perdants ?

Après avoir affecté « les jeunes et les précaires premiers perdants de la réforme » en 2019, le chômage repart à la hausse (avec un taux de chômage de 7,5 % de la population active pour le 4e trimestre 2023, NDLR). En s’attaquant aux durées d’indemnisation, « les chômeurs avec un passé professionnel stable » ne sont pas épargnés.

« Les plus âgés sont particulièrement exposés : la réduction des droits à indemnisation et la fin de l’allocation pour chômeurs en fin de droits (l’ASS) s’ajoutent au recul de l’âge de la retraite.« , souligne FRANCE 24.

« Les demandeurs d’emploi plus jeunes et ceux qui sortent de contrats courts sont les plus pénalisés par cette mesure. Les principaux perdants sont les allocataires de moins de 25 ans(…) En termes de statut, ce sont principalement les non-cadres qui font les frais de la réforme. Enfin, par type de contrat, ce sont les anciens intérimaires et salariés en CDD qui sont touchés », rapporte Capital.

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