150 milliards d’euros : l’objet le plus cher au monde

Durée de lecture : 4 minutes
150 milliards d'euros : l'objet le plus cher au monde !-© iStock

Aujourd’hui, la Joconde, le tableau le plus cher de l’histoire, est estimée entre 1 et 2 milliards d’euros. Un prix largement dépassé par cette prouesse technologique qui coûte environ 150 milliards d’euros.

150 milliards d’investissements…

Il s’agit en effet de la station spatiale internationale (ISS), fruit d’une collaboration intergouvernementale entre les pays d’Europe représentés par l’ESA (l’agence spatiale européenne), le Japon (JAXA), les États-Unis (Nasa), la Russie (Roscosmos) et le Canada (ASC).

Construit pièce par pièce depuis 1998, ce vaste projet spatial, de « la taille d’un terrain de foot » selon Libération, totalise pas moins de 150 milliards d’euros d’investissements.

Un avenir incertain…

De plus en plus critiquée pour son coût exorbitant et son âge avancé, l’avenir de la Station spatiale internationale reste incertain après cette année 2024, bien qu’elle continue de fonctionner à plein régime aujourd’hui.

Cependant, l’ISS, selon l’avis de nombreux experts Américains, Russes, Japonais, Canadiens et Européens, ne sera pas abandonné de sitôt.

« C’est simple, on ne sait pas descendre l’ISS. La structure est très grosse, si on la désorbite, des morceaux vont atterrir sur la moitié du globe, c’est trop dangereux », affirme le sous-directeur Science et Exploration au Centre national d’étude spatiale (Cnes), Sébastien Barde dans les colonnes de Libération.

« Si on veut la désorbiter en 2028, il faudrait se pencher sur la question dès maintenant, ce qui n’est pas le cas », ajoute l’expert.

Cela écarte donc l’option du crash, du moins pour le moment. Cependant, démanteler une station de cette envergure, comme à l’époque de sa construction, engendrerait encore une dépense pharaonique.

Une dépense disproportionnée

Si le principal intérêt de cette station n’est pas connu des contribuables, les critiques se font de plus en plus entendre.

L’ancien spationaute français Patrick Baudry, interrogé par le Parisien, décrit l’ISS comme « le plus grand bobard de l’histoire spatiale « .

Et les « sommes colossales dépensées » ne justifieraient pas les expériences obsolètes entreprises« , soutient l’ingénieur.  « C’est disproportionné par rapport aux expériences menées« , ajoute Didier Schmitt.

 » Le vol de Baudry, qui date de plus de trente-cinq ans, n’avait duré qu’une semaine alors qu’aujourd’hui les missions de base durent six mois, cela n’a rien à voir ! « estime de son côté Sébastien Barde.

« La construction de l’ISS était une décision politique et pas scientifique »

Pour Didier Schmitt, « la construction de l’ISS était une décision politique et pas scientifique. Après la chute du mur de Berlin, les Américains ont tendu la main aux Russes pour que leurs ingénieurs ne se tournent pas vers des pays comme l’Iran. L’intérêt de l’ISS dépasse la science. Cela a un coût, mais pas de prix.« 

Partager cet article
Laisser un commentaire